Le mot du Président
Etre ingénieur, une chance au XXIème siècle
Une nouvelle année scolaire vient de commencer à l’Ecole. Les membres du Bureau sont allés accueillir les élèves le jour de la rentrée pour leur dire, et leur rappeler, qu’ils font partie de notre communauté d’ingénieurs et qu’ils peuvent compter sur nous. Le numéro de rentrée de notre revue ainsi que l’actualité me donnent l’occasion de dire quelques mots sur le métier d’ingénieur en m’appuyant sur une enquête récente.
Le CNISF a publié en juillet son enquête annuelle sur la situation des ingénieurs. Cette étude montre leur confiance dans l’avenir en dépit des évolutions profondes que nous vivons. Ainsi, avec la mondialisation qui déplace les activités de production vers l’Europe de l’est et l’Asie, nos ingénieurs effectuent les transferts de technologies et laissent aux ingénieurs locaux le soin de poursuivre la tâche. Nos productions diminuent entraînant une baisse de l’activité industrielle qui fragilise nos entreprises et nos métiers. En Europe, la recherche et le développement, proches des consommateurs finaux maintiennent, heureusement, une forte activité pour nos ingénieurs et nous bénéficions d’une importante base installée industrielle, même si les investissements nouveaux se font plus rares. Mais si nous portons notre regard vers les prochaines décennies, de nouveaux défis sont à notre portée dans le domaine de l’énergie, des transports et des communications. De très sérieuses perspectives s’ouvrent aux générations montantes car ces domaines sont nos domaines d’excellence, en particulier à l’ESME-Sudria. Rappelons que les domaines de l’énergie et du transport sont la colonne vertébrale du développement technique et matériel de l’humanité depuis les temps les plus éloignés.
Vous ne serez pas étonné de savoir que les secteurs qui embauchent le plus d’ingénieurs sont, dans l’ordre, le secteur de l’ingénierie, du bâtiment, de l’énergie et du transport, et enfin que la Fonction publique n’attire chaque année que 3% des nouveaux diplômés de nos écoles.
Les nouveaux chantiers de l’économie de demain s’ouvrent dans un climat favorable pour les ingénieurs. En effet, plus de 90% estiment avoir été bien préparés à leur métier, ce qui est loin d’être le cas dans d’autres filières. Ajoutons que moins de 3,5% d’entre eux se trouvent au chômage ce qui, là aussi, est une performance que nous devons apprécier.
L’activité des ingénieurs est en train d’évoluer. Depuis les années soixante-dix, la proportion d’ingénieurs exerçant un travail purement technique est en augmentation, les postes de management étant de plus en plus fréquemment offerts aux hommes de marketing ou, plus récemment, aux financiers. Il y a bien des effets de mode, mais nous devons prendre la mesure du phénomène et veiller à ce que les ingénieurs ne deviennent pas de simples techniciens utilisés comme exécutants. Dans cette période de crise et de course à l’innovation, la compétence technique fondamentale mais aussi la créativité, l’esprit d’organisation et d’équipe, la maîtrise des systèmes et des organisations complexes, sont les qualités de base que chacun doit développer pour réussir et parvenir à la maîtrise de son domaine et de son entreprise.
Je vous souhaite une bonne année 2009-2010 avec l’AIESME.
Philippe DELTOMBES (ESME 72) Président de l'AIESME