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(A LIRE) Les défis de l’électrification rurale en Afrique

Information générale

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11/10/2018

L’électrification rurale de par le monde 
de l’Afrique Centrale à l’Asie du Sud-Est

L’énergie est un élément clé des politiques de développement de l’Afrique sub-saharienne.
L’accroissement de l’accès à l’énergie des populations est une préoccupation prioritaire des gouvernements d’Afrique Centrale.

L’impact de cette préoccupation se ressent principalement dans les zones périurbaines du fait des réalisations concrètes qui découlent du programme de densification périurbaine +/- maitrisé déroulé dans les pays de la sous-région. Le Pool Energétique d’Afrique Centrale (PEAC) a été créé en 2003 par la CEEAC à l’initiative de l’Association des Sociétés d’Electricité Africaines (ASEA) pour assurer le développement du potentiel existant et la création d’un marché régional de l’électricité. 

En effet l’Afrique Centrale a deux atouts majeurs :

  • Un potentiel hydroélectrique de plus de 100 000 MW pour la seule RDC et de l’ordre de 10/15 000 MW au CAMEROUN ;

  • L’équateur partage cette sous-région avec pour avantage de bénéficier de la simultanéité des basses eaux et des fortes eaux de part et d’autre de la ligne de partage.

Les plans d’actions successifs du PEAC sont articulés autour de deux grands axes : 

  • Interconnexion de la totalité des réseaux électriques d’Afrique Centrale ;
  • Réhabilitation et le développement des barrages hydroélectriques dont le complexe d‘Inga.

Mais de l’interconnexion des systèmes électriques à l’électrification rurale dans les zones éloignées il y a un fossé gigantesque difficile à combler par les instances gouvernementales. 

En effet, les investissements nécessaires sur les quinze prochaines années pour la constitution du Système Electrique Interconnecté d’Afrique Centrale (SEIAC) nécessitent de l’ordre de 50 Milliards $ pour le réseau THT dont la dorsale 400 kV Nord – Sud et 50 Milliards $ pour les barrages dont le Grand Inga.

Inutile de dire qu’à cet horizon de quinze années, seules les zones urbaines & périurbaines seront raccordées avec une bonne qualité & continuité de fourniture - sous réserve que les gouvernants africains, Maîtres d’Ouvrage de la construction des infrastructures du SEIAC, s’entendent pour consommer cette manne financière qui de fait pourrait ne pas être mise à disposition des entrepreneurs par manque de confiance dans la gouvernance du projet SEIAC...

De ce fait les projets d’électrification rurale dans les zones éloignées d’Afrique Centrale ne sont que peu présents dans les programmes gouvernementaux pour deux raisons essentielles, à savoir :

  • Les infrastructures nécessaires pour alimenter ces micro-réseaux / hameaux éloignés représentent un niveau d’investissement inaccessible
  • Les microprojets nécessaires pour alimenter ces micro-réseaux isolés sont à des niveaux de coûts trop faibles pour être intégrés dans des financements internationaux et autres programmes d’aide.

C’est pour ces raisons d’ailleurs que beaucoup de ces projets d’électrification rurale sont portés par des ONG et autres Fondations.

Nous sommes convaincus que ces microprojets (mixte panneaux solaires, éoliens, pico/micro-hydro en appui sur des systèmes d’accumulation d’énergie et autres groupes électrogènes) nécessaires à la réalisation de ces micro-réseaux isolés pourraient / devraient être proposés au tissu de PME / TPE régional & local.

Les travaux remarquables et remarqués de Jean-Louis BORLOO (Energies pour l’Afrique) ont permis un état des lieux très précis des besoins en Afrique pour permettre l’accès à l’électricité pour tous. Toutefois les solutions préconisées basées sur un empilement des coûts – plan Marshall de l’énergie - atteignant plusieurs dizaines de milliards d’euros/dollars de nature à aiguiser l’appétit des gouvernements pour en prendre le contrôle ont tué de fait (dans l’œuf) les espoirs d’accès au financement de centaines de milliers d’initiatives locales nécessaires à l’émergence des micro-réseaux isolés permettant de répondre à l’appel de Jean-Louis BORLOO : « la lumière et l’électricité pour tous ».

Ces micro-réseaux sont des systèmes de distribution d’électricité, développés à l’échelle d’un hameau, d’un village ou d’une ville, qui peuvent donc fonctionner sans être raccordés au réseau principal de distribution d’électricité. L’énergie est produite à partir d’énergies renouvelables en appui sur des dispositifs d’accumulation d’énergie, voire de groupes électrogène.

Isabelle KOCHET (ENGIE) insiste fort justement sur le fait que ces micro-réseaux ne sont pas des solutions temporaires MAIS doivent faire partie des stratégies nationales d’électrification qui de plus pourraient espérer fournir l’énergie à un prix abordable compte tenu des économies réalisées de fait sur l’absence de coût de transport.

Isabelle KOCHER y voit l’émergence d’un système dual : de la même manière que dans le secteur des télécommunications, l’Afrique a sauté l’étape de la communication fixe pour aller directement vers le mobile, certaines régions de l’Afrique feront l’économie des systèmes centralisés et du réseau national, au profit des technologies décentralisées. 

Dans le cas du CAMBODGE, les investissements dans l’extension du réseau électrique ne sont pas à la portée des ressources d’Electricité du CAMBODGE (EDC) du fait de l’étendue du territoire et de la faible densité de population. Seul le développement de solutions locales non connectées au réseau national peut bouleverser la situation et être un facteur d’accélération de l’électrification des zones rurales.

C’est dans cet esprit que CODEAUKHMER en partenariat avec des élèves -ingénieurs français et cambodgiens et en appui sur le R&D Center de NPIC et avec le soutien d’EDC va s’intéresser à l’électrification d’un hameau flottant situé sur les bords du Tonlé Sap avec comme objectif complémentaire de stimuler la fibre entrepreneuriale chez les jeunes ingénieurs locaux. 


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