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Garder le lien, c'est faire vivre l'esprit ESME

Portraits

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12/07/2026

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Marie-Laurence Faure (1984) : une ingénieure tournée vers l'international, au service de la communauté des alumni


De ses débuts à l'ESME Sudria dans les années 80 jusqu'à ses responsabilités internationales chez BNP Paribas, Marie-Laurence Faure a construit un parcours riche, guidé par la curiosité, l'ouverture et le goût des projets complexes. Aujourd'hui, elle met cette expérience au service de l'AIESME en prenant les rênes de la revue des alumni. Rencontre avec une diplômée profondément attachée à son école et convaincue que la force d'un réseau se construit tout au long d'une vie.

Pourquoi avoir choisi l'ESME ?

Je viens de Limoges et, après une première année de classe préparatoire, j'ai réalisé qu'une préparation intégrée me conviendrait davantage. En cherchant les écoles qui proposaient ce modèle, l'ESME s'est imposée naturellement. Nous étions deux jeunes femmes de ma prépa à rejoindre Paris pour cette nouvelle aventure. Je me suis immédiatement sentie à ma place.

Avais-tu déjà une idée précise de votre avenir professionnel ?

Oui. Les matières scientifiques m'attiraient naturellement, mon père était professeur de mathématiques, et je souhaitais travailler dans l'informatique, plus particulièrement sur les métiers liés à la gestion. À l'époque, la filière électronique-informatique de l'ESME était très réputée et très demandée. Cela m'a motivée à travailler pour pouvoir l'intégrer. Nous étions très peu de jeunes femmes dans la promotion : cinq pour une centaine d'étudiants. Pourtant, je ne me suis jamais demandé si j'étais à ma place. À cette époque, je ne me posais tout simplement pas la question. J'avais envie de devenir ingénieure et cela me semblait naturel.

« La communauté ESME est une richesse. Il est important de garder le lien, pas seulement quand on cherche un emploi, mais tout au long de sa vie »

Ta carrière a-t-elle répondu à ces ambitions ?

Tout à fait. Après l'obtention de mon diplôme en 1984, j'ai souhaité compléter ma formation à l'IAE afin d'acquérir des compétences en management. J'ai ensuite débuté dans une société de services où j'ai travaillé comme analyste puis chef de projet. J'ai poursuivi chez Prisma Press pour découvrir l'informatique « côté entreprise », avant de rejoindre Atos sur des projets internationaux de grande ampleur autour des cartes à puce et des systèmes de paiement pour de grands groupes pétroliers comme Elf, Aral ou Statoil.

Ces expériences m'ont donné envie d'élargir encore mes horizons avec le MBA international de l’ISG (Institut Supérieur de Gestion, également dans le groupe IONIS ?), partagé entre la France, les États-Unis et l'Asie, au sein d'une promotion réunissant des participants de 25 nationalités. Cette immersion multiculturelle a renforcé ma conviction qu'un ingénieur doit savoir travailler dans la diversité culturelle, avec des profils très différents et s'adapter en permanence.

Tout ce beau parcours aboutissant à poser tes valises chez BNP Paris…

J’ai ensuite rejoint BNP Paribas dans les équipes Transaction Banking qui m’ont donné l’opportunité d’être expatriée  en Belgique puis à Singapour. Ces expériences à l'étranger ont été extrêmement enrichissantes, tant sur le plan professionnel qu'humain, et ont conforté mon goût pour les environnements multiculturels.

Qu'est-ce qui te passionne le plus dans votre métier ?

Ce qui m'anime, c'est la compréhension des besoins  de nos clients entreprises. J'aime transformer des idées, parfois très abstraites, en solutions concrètes. Toute cette démarche de conception, d'analyse et de modélisation constitue le cœur de mon métier depuis le début de ma carrière. J'apprécie également la gestion de projets dans sa dimension humaine : faire travailler ensemble des équipes aux compétences variées, fédérer des expertises et construire des solutions utiles. C'est ce qui rend ces métiers particulièrement stimulants.

Quel rôle l'ESME a-t-elle joué dans cette trajectoire ?

L'école m'a apporté une excellente formation technique, notamment en informatique, avec des enseignants passionnés et des projets très concrets. L'ESME était déjà très bien équipée dans ce domaine. Mais, au-delà des connaissances, c'est surtout l'état d'esprit de l'ingénieur qui m'a accompagnée tout au long de ma vie professionnelle : apprendre à analyser, conceptualiser, structurer un problème et construire des solutions. Cette façon de penser reste, selon moi, l'un des plus beaux héritages de l'école.

Tu es restée très attachée à la communauté des Alumni...

Oui, j'ai toujours conservé le lien avec l'AIESME. Bien sûr, il y a eu des périodes où la vie professionnelle et familiale prenait davantage de place, mais je suis toujours restée attentive aux actualités de l'association. Lorsque j'étais expatriée en Belgique, j'avais même pris contact avec les anciens présents sur place. Je trouve formidable que des communautés ESME puissent exister partout dans le monde. Ce sentiment d'appartenance ne s'efface pas avec les années. Au contraire, il prend souvent davantage de sens au fil de la carrière.

Pourquoi avoir accepté de devenir rédactrice en chef de la revue ?

Parce que c'était une belle manière de rendre à la communauté ce qu'elle m'a apporté. Même si je suis encore en activité, j'anticipe progressivement ma retraite et j'avais envie de consacrer davantage de temps à ce projet collectif. L'objectif : faire vivre l'esprit ESME et renforcer les liens entre les anciens élèves.

Comment imagines-tu faire évoluer la revue ?

J'aimerais qu'elle touche davantage d'Alumni et qu'elle reflète encore mieux la diversité de notre communauté. Pourquoi ne pas proposer une rubrique en anglais pour les étudiants et Alumni internationaux ? Pourquoi ne pas ouvrir davantage nos sujets à des thématiques de société, de management, d'innovation ou d'entrepreneuriat, qui parlent à tous les diplômés, même lorsqu'ils n'exercent plus un métier très technique ? Je pense également qu'il faut développer des formats plus vivants, comme les interviews, valoriser davantage les événements de l'école et créer plus de passerelles entre les étudiants, l'école et les Alumni. Une revue doit être à la fois un lieu de mémoire, d'information et d'inspiration.

« On ne mesure pas toujours, au début de sa carrière, la force d'un réseau. Avec le temps, elle devient une évidence »

Quel message souhaites-tu adresser aux étudiants d'aujourd'hui ?

Je leur dirais de conserver le lien avec la communauté dès leur diplôme. Au début d'une carrière, on n'en mesure pas toujours l'intérêt. Pourtant, avec le temps, on réalise combien ce réseau devient précieux, humainement comme professionnellement. Nous partageons des valeurs, une formation et une manière de penser qui nous rapprochent. Il serait dommage de perdre cette richesse.

Et aux anciens ?

Je leur dirais la même chose : prenez le temps de rester connectés. Nos carrières, nos familles et nos responsabilités occupent beaucoup de place, mais nous appartenons à une communauté exceptionnelle. Nous avons énormément à partager, à transmettre et à construire ensemble. L'école et les Alumni ont tout à gagner à travailler main dans la main. Si la revue peut devenir un lieu où l'on échange des idées, où l'on découvre des parcours inspirants et où chacun retrouve un peu de l'esprit ESME, alors nous aurons pleinement rempli notre mission.

Une dernière question : si c'était à refaire ?

Sans hésiter, je retournerais à l'ESME. Je garde un excellent souvenir de mes années d'études et je ne regrette aucun de mes choix professionnels. Si je m'investis aujourd'hui dans l'AIESME, c'est justement parce que cette école a compté dans ma vie et que j'ai envie, à mon tour, de contribuer à faire vivre cette belle communauté.

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